Sarah LEVESQUE - Responsable ressources humaines
Si tu avais un autocollant sur ton pare-chocs pour résumer ta personnalité au travail, il dirait quoi ?
« Je recrute les talents, pas les diplômes. »
Lors d’un long trajet en voiture, tu es plutôt celle qui dort côté passager, la DJ qui gère la musique, ou celle qui critique la conduite des autres ?
Celle qui dort — complètement, sans honte et sans excuses ! 😄 La tête contre la vitre, la ceinture en écharpe improvisée… Je crois que c’est ma façon de recharger les batteries. En RH, on écoute, on gère, on accompagne toute la semaine — alors quand quelqu’un d’autre tient le volant, j’en profite. C’est même une forme de confiance, non ? Laisser les autres conduire de temps en temps, ça aussi ça s’apprend.
Comment tu es arrivée dans le monde de l’automobile : vocation, hasard, ou coup de foudre mécanique ?
Ce n’est pas vraiment une surprise quand j’y repense — mon tout premier pas dans le monde professionnel, c’était déjà dans l’automobile. Dès mes études, j’ai mis un pied dans ce secteur, et quelque chose a accroché immédiatement. Il y a une énergie particulière ici que je n’ai pas retrouvée ailleurs : c’est exigeant, c’est technique, ça ne laisse pas de place à l’approximation.
Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton travail au quotidien ?
Les gens. Même quand ils nous compliquent la vie — et croyez-moi, ça arrive ! Chaque personne est une histoire différente, une dynamique nouvelle. En RH, on est un peu confidents, arbitres et traducteurs à la fois. C’est rarement de tout repos, mais le jour où les gens cessent de me surprendre, je m’inquiéterai vraiment.
Est-ce que tu t’es déjà sentie moins légitime parce que tu es une femme dans un milieu très masculin ?
Oui — et avec la particularité d’être une femme dans les RH d’un secteur très masculin, il y a une double perception à déconstruire. Certains voient les RH comme un rôle “support”, donc peu stratégique. D’autres s’étonnent qu’une femme ait son mot à dire sur des recrutements techniques. J’ai appris à m’imposer dans les deux sens.
Qu’est-ce qui devrait changer, selon toi, pour que plus de femmes rejoignent ce secteur ?
En tant que RH, je me sens directement responsable d’une partie de la réponse. Ça passe par des offres d’emploi rédigées différemment, des processus de recrutement qui neutralisent les biais, des managers formés à l’inclusion. Et surtout : créer des conditions pour que les femmes qui arrivent restent et progressent.
Qu’aimerais-tu que les gens retiennent de toi après avoir lu/entendu ce portrait ?
Que j’ai été vraie. Dans un secteur où on apprend vite à se blinder, j’ai essayé de garder une approche humaine, sincère. Et si une jeune femme qui hésite à se lancer dans l’automobile lit ce portrait et se dit « tiens, c’est possible » — alors c’est largement suffisant pour moi.